Laura Simonati

Jeudi 3 Septembre

Terrasse du Verschueren à Saint-Gilles

" J'aime les petits accidents qui rendent

les images un peu plus vivantes. "

Tu dessinais quoi quand tu étais petite ?

Ma spécialité c'était les dessins de familles d’animaux sur des planches A4 : la famille des chats, la famille des chiens, la famille des girafes... et je crois que ma mère a tout gardé ! Plus tard, au lycée j’étais un petit punk avec les cheveux verts, et j’étais très inspirée par la scène underground, et je lisais beaucoup de bandes dessinées indépendantes. Je dessinais dans tous les cours, mathématiques, philosophie, physique, et c’était une façon de me concentrer. Je dessinais en même temps que j'écoutais le cours. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à rêver d’en faire une profession et j'ai découvert le graphisme qui m'a passionné.

Tu mets quelle part de toi dans une image ?

Difficile comme question ! Au début c’était très émotionnel, j’utilisais le dessin pour exorciser quelque chose. Maintenant il y a une nouvelle structure qui s’est installée avec le cadre imposé par la commission, et l'objectif d'un résultat.

En général, j'aime que l’illustration crée un univers. C’est ce qui me fascine le plus, créer un univers dans lequel on peut se perdre pendant les quelques minutes où l’on regarde une image. J’aime beaucoup m’inspirer d’images déjà existantes, et qu'une image soit l'écho d'autres images. J'essaie de créer des liens entre mes images et des images que quelqu’un a fait il y a deux ans ou peut-être deux siècles.

Comment tu travailles ?

Je travaille chez moi dans mon petit salon, sur mon petit bureau, et sous la supervision de mon chat Balthazar ! Quand je dessine j’ai besoin de beaucoup d’espace parce que je dessine toujours à la main. Donc je commence à penser à chercher un atelier. Je dessine presque tout à la main parce que j'aime ce côté "imparfait" qu'on n'a pas avec la tablette et l'ordinateur.

 

J’aime beaucoup utiliser des techniques où le résultat contient des "imperfections", des accidents. J’aime les petits accidents qui rendent les choses un peu plus vivantes car quand on dessine - et je crois que tous les dessinateurs se posent cette question - je me demande quel niveau de contrôle je donne à mon image ?  

Raconte-nous "tombe la nuit" ?

"Tombe la nuit" est un dessin que j'ai fait en 2018. Je crois que je pensais à l’idée de la nuit, à ce moment juste après que la nuit soit tombée. C'est cet instant-là précis que je voulais représenter de la manière la plus simple du monde. Alors j'ai pensé à ce dégradé en 3 passages de couleurs. J’ai d’abord fait un petit croquis au crayon, et ensuite un petit dessin avec la gouache que j'avais sous la main. C’était très spontané et instinctif.

Capture d’écran 2020-10-14 à 17.12.42.

© 2020 by Marion Rubellin