Fanny Lalande

Paul Lecat

Mercredi 24 Mars 2021

Tournon-sur-Rhône

"J'ai une écriture très directe,

comme le Punk-rock."

Qui êtes-vous, en quelques mots ?

Paul - Je suis né dans le Nord de la France. Mes parents sont divorcés depuis ma naissance et j’ai grandi avec ma mère qui a déménagé quand j’avais 10 ans.  Je fais partie d’une grande fratrie, et on est tous très différents. J’ai fait des études d’Arts et de cinéma mais comme il me fallait des sous  j’ai commencé à bosser dans un café. Je suis très vite tombé amoureux de cette ambiance de bistrot et j’ai arrêté mes études.  Ça fait partie des choses que j’aime le plus faire dans ma vie: être en terrasse, fumer une clope, et boire du café.

Fanny - Je suis née en Ardèche, je vis en Ardèche, et j'ai aussi bougé un petit peu. J’aime lire et écouter de la musique, beaucoup. J’aime aussi marcher, et en fait je n’aime pas trop “rien faire”. J’ai besoin de mouvement ! 

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Paul - Avec Fanny on a tous les deux fait du théâtre dans une compagnie. Il y a une année où on s’est retrouvés tous les deux dans un projet qui s’appelle “le château de l'araignée" de Kurosawa, qui est en fait une adaptation de Macbeth. On s’est rencontrés à ce moment-là.

 

Fanny - C’était il y a 10 ans ! On se retrouvait chaque été et après un temps j’ai commencé à me dire “tiens en fait il dessine pas mal”.

 

Paul - Et moi à me dire “tiens en fait elle écrit pas mal et elle écoute de la bonne musique”. Et je pense que c’est la musique qui nous a aussi rapprochée avec Fanny au fil de nos échanges. On s’est découvert avec le théâtre et la musique.

Paul, tu te sens comment quand tu dessines ?

Paul - Je me sens à la fois vide et plein, c’est tout un contraste. Je dessine pour exprimer beaucoup de choses, mais j’ai l’impression en même temps d’accomplir quelque chose. Je dessine ce que je ressens avec beaucoup de spontanéité. Je n’aime pas trop ce terme mais c’est assez “thérapeutique”, en tous cas c’est l’effet que ça me fait, et je me sens bien.

Fanny, quand as-tu commencé à écrire ? Comment décrirais-tu ton « style » d’écriture ?

Fanny - Je crois que j’ai toujours écrit. Petite, mes parents m’avaient offert une machine à écrire et j’ai commencé à écrire une histoire dessus. Après, comme Paul avec le dessin, il y a un moment où l’écriture est devenue thérapeutique et m’a permis de régler des comptes, surtout avec moi-même. Puis en 2004-2005 avec un groupe d’amis on s’est lancé dans la création d’un fanzine et j’étais rédactrice en chef du projet. J’écrivais des éditos et j’adorais ça ! J’ai eu envie de continuer à écrire jusqu’à ce que ça prenne de l’ampleur et que je sorte mon premier roman en 2012. J’ai enchaîné derrière avec d’autres romans puis des nouvelles.

On met souvent les écrivains sur un piédestale alors que finalement c’est très basique l’écriture, c’est un des premiers trucs qu’on apprend à l’école. Je dirai que mon écriture est très noire et laisse beaucoup de place au doute, aux cassures, aux rayures. C’est une écriture très directe, comme le Punk-rock.

Le projet "Summer & Baby Blue" est né comment ?

Paul - ça fait deux ans qu’on a envie de bosser ensemble, mais comme je suis parti en voyage c’était compliqué. A mon retour l’été dernier on a repris nos discussions sur un projet commun. Fanny avant d’être une collègue c’est une amie, on se parle souvent. On a commencé à parler de certains rêves qui s’effacent pendant une rupture amoureuse, et de là est venue l’idée de créer ensemble autour de ce sujet. Summer & Baby blue est arrivé comme ça.


Fanny - Il y a un an j’ai travaillé sur un projet de nouvelles que j’ai écrit pendant le confinement avec mon ami Cédric. J’écrivais, Cédric illustrait, et on sortait une publication régulière. L’idée m’a beaucoup plu et j’ai proposé à Paul qu’on parte aussi sur ce principe-là, avec un mélange de textes et de dessins qui paraissent sous la forme d’une publication imprimée qu’on peut déplier et afficher. Paul a tout de suite accroché.

Si je vous dis « sans les mots », à quoi pensez-vous ?

Fanny - Tristesse ! Les mots sont la musique, le dessin, le silence, le rythme, c’est la vie quoi ! Pour moi un mot, avant d’être un mot, c’est un signe. J’ai un lien fort avec l’aspect graphique du mot. Le mot à l’état pur. 

 

Paul - Marion le sait, pour moi les mots sont d’abord des images et les images sont des mots. Je ne vois pas de silence, je vois des sentiments, des couleurs, la nuit. “Sans les mots” m’inspire de la pureté et du bleu, et la pureté c’est la nuit. 

Quel a été votre moment préféré aujourd’hui ?

Paul - Mon moment préféré de la journée c’est demain ! Non, plus sérieusement c’est ce matin, quand j’ai dessiné avec de la musique dans mon casque. Je dessinais avec une playlist que Fanny a faite. J’étais content de ce que je cherchais et découvrais. 


Fanny - Mon moment préféré de la journée c’est quand j’ai fait une petite rando avec mon fils, il faisait beau, il y avait du soleil. En ce moment je broie beaucoup de choses négatives alors marcher dans ce rythme avec mon fils plein de vie c’était une belle parenthèse.

Un dernier mot à me dire ?

Paul - Je suis très content de vous faire rencontrer Fanny et toi (Marion) car vous êtes deux personnes qui comprenez mon travail. Je suis très heureux de ce projet tous les trois.

 

Fanny - Je suis contente de ce projet car ça fait du bien. Travailler avec Paul déjà ! Et rencontrer Marion et Archie qui a fait toute la mise en page de ce travail. Si je fais ces projets c’est pour ces moments-là.

Bientôt