Bleu Poire

Aline Galliou 

& Clémence Carle

"C’est en immortalisant ces moments qu’ils deviennent si précieux, en les dessinant qu’ils deviennent réels de nouveau et c’est en les partageant qu’ils deviennent les histoires de tout le monde."

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Qui se cache derrière votre duo "Bleu Poire" ?

Aline: Je suis Aline, je vis à Marseille, je suis graphiste, illustratrice, sérigraphe, bricoleuse… on va dire touche à tout, J’aime bidouiller avec mes mains. Je travaille précisément aujourd’hui en tant que graphiste print et signalétique dans un tiers-lieu qui s’appelle Coco Velten.

 

Clémence: Je m’appelle Clémence, j’habite entre Montréal et la France (à Genève en ce moment) et je suis aussi graphiste freelance.

 

Nous sommes deux amies qui vivions à Montréal. Nous avons toujours partagé sur nos sensibilités créatives et l’objet imprimé.

C’est quoi l’histoire de votre duo Bleu Poire ? La genèse !

C’était en 2018. Un projet de fin d’étude, celui d’Aline. Des mots écrits dans les notes d’un iPhone, ceux de Clémence. Un thème commun, l’amour… Un projet d’édition et divers objets imprimés en sont nés (fanzines, cartes, lettres…) Et puis un projet Instagram! Victimes de la modernité ;)

Comment vous entremêlez-vous ? 

Ce sont les mots qui inspirent les illustrations. Celles-ci viennent déambuler autour des textes pour ajouter de la matière, de la texture, une nouvelle interprétation, seconde lecture.

C’est pensé comme un rythme entre textes, espaces de blancs, de respiration et d’images. 

Clémence, il y a beaucoup d’amour et de sensualité dans tes mots, comment t’est venu ce style de poésie courte comme des haiku ?

Je ne me suis jamais vraiment posé la question, l’amour est un sujet si vaste, si complet, entremêlés de 1000 émotions, ça m’inspire énormément. Il y a de la beauté partout, même dans une rupture ou l’amour d’une nuit.

Il y a bien un esprit haïku dans ma façon d’écrire. (D’ailleurs je préfère dire esprit pour les puristes car je le fais de manière totalement libre, au-delà des règles littéraires de ce style de poésie). J’adore ce côté instantané, impalpable et imagé de ces quelques vers où la libre interprétation est de mise.

 

Cela permet aussi de ne pas être pris trop au sérieux tout en écrivant des choses qui à l’inverse, le sont tout autant.

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Aline, tes dessins sont un mélange délicat d'émotion et d'humour. Quel est ton process ?

Quand je lis les poèmes de Clémence, me vient tout de suite des images, textures, formes, images humoristiques, métaphoriques ou abstraites. J’aime la libre interprétation et le geste sensible. Je travaille seule, plutôt le soir voir la nuit. Je dessine au crayon de couleur sur des pages et des pages et des pages pleins de petits éléments qui m’inspirent et ensuite je fais des collages et superpositions.

Il y a un ou plusieurs artistes qui vous inspire(nt) en particulier ?

Aline: Les paysages, les corps, les textures, les matières, les objets trouvés, l’artisanat, les ami.e.s

 

Clémence: Les amoureux, les amoureuses, les amis, les gens et leurs histoires. Chaque poème est associé à une personne, à un souvenir. C’est en immortalisant ces moments qu’ils deviennent si précieux, en les dessinant qu’ils deviennent réels de nouveau et c’est en les partageant qu’ils deviennent les histoires de tout le monde!

Voulez-vous bien conclure cet échange avec un poème ou un dessin ?

Sans les mains

 

Ce matin

j’ai l’air de rien

mais l’air de toi

me ravit de loin.